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Les légendes de cluj

Les ponts de la ville et leur histoire

Podul Mare la începutul secolului al XX-lea

Les ponts de Cluj ont une histoire aussi intéressante et spectaculaire que celle de la ville à laquelle ils appartiennent. Malheureusement, on ne dispose d’aucune information concernant le(s) pont(s) construit(s) sur le fleuve Someş, l’antique Samus à l’époque romaine. Il est pourtant possible que, pendant l’époque médiévale, le principal pont de la ville romaine de Napoca, fût bâti dans la zone du Grand Pont (Podul Mare), bâti à son tour sur l’emplacement de l’actuel pont routier de la rue Horea. C’est sur ce pont-là que, selon une légende attestée à Cluj au XIXe siècle, Decebal, le roi des daces, poursuivi par les soldats romains, aurait trouvé sa fin. Même si cette légende est une histoire inventée par les érudits humanistes de l’époque, son apparition pourrait être associée avec la conservation, à l’époque respective, des traces d’une construction romaine.

Le pont le plus ancien de Cluj, attesté du point de vue documentaire à l’époque médiévale, était donc situé dans la zone de l’actuel pont routier de la rue Horea. C’était un pont en bois, qui reliait les deux berges du Someş, bâti près de celui du canal du Moulin (canalul Morii) dans la zone de l’actuelle rue Regele Ferdinand. Les deux ponts ont, paraît-il, été construits au XIIIe siècle, à une époque où la route sur laquelle ils étaient situés se trouvait à l’extérieur de la première enceinte fortifiée de la ville médiévale dont la superficie n’avait que 7 hectares. Des documents datant de 1362 mentionnent la première rue de Cluj, attestée du point de vue documentaire, appelée la Rue du Pont (Strada Podului, Platea Pontis) dont le parcours correspond à celui de l’actuelle rue Regele Ferdinand. Après l’expansion de la ville médiévale au XVe siècle, on a construit sur la rue du Pont l’un des donjons les plus puissants, qui portait le nom de « La Tour du Pont (Turnul Podului) ». Contrôlée par la guilde des serruriers, cette tour défendait l’une des quatre portes principales d’entrée dans la ville, également appelée La Porte du Pont. En 1573, suite à la demande du voïvode Cristofor Báthory, le pont en bois sur le Someş a été remplacé par un pont en pierre, construit aux dépens de l’administration de Cluj. Le Grand Pont, sur lequel la circulation était très intense, a été maintes fois reconstruit dans le but de le consolider ou de le prolonger pour qu’il réponde aux besoins du trafic des temps modernes. La dernière reconstruction significative a eu lieu en 1949, après que le pont a été gravement avarié pendant la seconde Guerre Mondiale.

Pendant les premières décennies du XVIIIe siècle, on a ajouté au Grand Pont un autre, situé dans la zone de l’actuel pont Trajan, qui permettait à ceux qui ne voulaient pas traverser la ville de la contourner.

Aux environs de l’année 1735, après la construction de la fortification impériale autrichienne sur la colline Cetăţuie, ses commandants ont considéré qu’il était nécessaire de bâtir encore un pont sur le Someş, destiné exclusivement à l’usage de la garnison impériale. Construit dans la zone de l’actuelle Casa Tranzit, ce pont suspendu était une œuvre technique remarquable pour ces temps-là, et il est entré dans la conscience des habitants de Cluj comme le Pont des Allemands (Podul Nemţilor). C’était un pont couvert, emprunté par les piétons et surveillé en permanence par des soldats de la garnison impériale.

L’expansion de la ville en amont au XIXe siècle et au début du XXe siècle a conduit à la construction de deux autres ponts dans la direction respective. Aux environs de l’année 1866 on a construit un pont dans la zone de l’actuel hôtel Napoca et en 1901 le pont Elisabeta, un pont pour les piétons, qui a survécu jusqu’à nos jours sous sa forme initiale.

Enfin, en 1960-1961, lors des travaux de construction du quartier Grigorescu, on a construit le pont Garibaldi.

 

Les tunnels de la ville de Cluj-Napoca: Légendes et réalités historiques

La plupart des habitants de Cluj ont probablement entendu parler des mystérieux tunnels souterrains de la ville dont les origines trouvent leurs racines dans le plus profond de l’histoire. L’imaginaire de nos contemporains est tout aussi attiré par le mystère que celui des gens d’autrefois et parmi les mythes qui ont fasciné depuis toujours l’humanité, celui du monde souterrain est des plus constants. En essence, les versions hyperbolisées de cette mythologie du Cluj souterrain parlent de quelques grands tunnels qui relieraient le centre de la ville à l’église – autrefois fortifiée – de Cluj-Mănăştur, à la citadelle de Floreşti ou à la fortification autrichienne située sur la colline Cetăţuie. Elles parlent également d’un tunnel qui partirait de l’église réformée, située rue Mihail Kogălniceanu, et qui déboucherait sur le cimetière Hajongrad, mais aussi d’un réseau de tunnels qui relierait différents endroits du centre-ville et que la « Securitate » (la police secrète communiste) aurait utilisé. Pendant les premiers jours de la Révolution de 1989, on a beaucoup parlé d’un point de départ d`un tel tunnel, situé au sous-sol de l`ancien hôtel Continental. D’autres points d’entrée dans les souterrains secrets de la ville seraient localisés dans le bâtiment du cloître franciscain de la rue Victor Deleu, au sous-sol de l`hôtel Melody ou dans les caves de certains bâtiments de la Place Unirii. Mais, selon les légendes urbaines, le point nodal de tous ces réseaux de tunnels imaginaires se trouverait dans l’église gothique du centre-ville qui est, de nos jours encore, le vrai centre symbolique de Cluj.

Quelle est la part de réalité dans l’histoire de ces tunnels ? Au fil des siècles passés, Cluj, surnommé « la ville-trésor » de la Transylvanie, était un important centre commercial et artisanal. Tous les bâtiments, presque sans aucune exception, étaient pourvus de caves très spacieuses. À présent, beaucoup d’entre elles ont été transformées en boîtes de nuit et sont devenues accessibles au grand public. Dans ces caves on entreposait des marchandises pour lesquelles, tout comme aujourd’hui, les propriétaires auraient voulu payer des taxes et des impôts aussi bas que possible. Elles comportaient aussi de nombreuses pièces sécrètes et des tunnels étroits qui les reliaient. Le plus souvent, elles étaient utilisées dans des buts de contrebande, mais en cas de danger elles pouvaient fonctionner comme abri pour les citoyens de la ville. De tels tunnels ont été découverts lors des fouilles dans la maison natale du prince Ştefan Bocskai (aujourd’hui siège de l’Université Sapientia, rue Matei Corvin) ou de celles effectuées rue Napoca. On peut voir un tel tunnel étroit, ne dépassant pas un mètre de hauteur et de largeur, dans le club Janis Pub situé 5, boulevard Eroilor. De même, l’une des pièces situées au sous-sol du bâtiment qui abrite la collection d’histoire de la pharmacie, dans laquelle il y avait, au Moyen Âge, un laboratoire de pharmacie et peut-être aussi d’alchimie, conserve les traces de quelques entrées à présent murées.

Quant aux sous-sols mystérieux de l’église Saint Michel (Sf. Mihail), pendant de nombreuses années l’accès des scientifiques a été interdit pour des raisons peut-être objectives. Il est, par conséquent, difficile de faire des spéculations à ce sujet. Cependant, il faut rappeler le fait que l’église située au centre de Cluj a servi longtemps d’endroit de réunion pour la Diète de Transylvanie ou de lieu de couronnement des princes transylvains.

Tous ces exemples sont-ils pour autant suffisants pour nous permettre de supposer qu’il y avait une possible sortie sécrète en cas de force majeure ? En tout cas, l’idée de tunnels sur plusieurs kilomètres, qui auraient relié la ville médiévale à différents endroits extra-muros, est une aberration technique et constitue plutôt un exemple de produit de l’imaginaire collectif sédimenté tout au long des siècles.

Il faut préciser que tous les historiens de Cluj n’ont pas nié l’existence des tunnels avant d’avoir essayé de faire des recherches à ce sujet-là. Aux années 1960, une équipe de scientifiques de l’Université Babeş-Bolyai et du Musée National d’Histoire de la Transylvanie a entrepris une série de fouilles afin de trouver quelques-unes des possibles sorties des tunnels secrets de Cluj (l’une de celles-ci serait située, selon des traditions locales, dans la zone des CHU). Officiellement, ces recherches n’ont pas confirmé leur existence. Officieusement, certaines voix affirment que l’historien qui avait coordonné ces recherches et qui avait dit que les tunnels n’existaient pas était devenu immédiatement après officier de la Securitate.

Dans les années à venir, les études qui seront faites avant la construction, par les autorités locales, du futur tunnel routier qui traversera la partie souterraine du centre-ville contribueront, peut-être, au dévoilement de certains mystères. Toutefois, il est peu probable que l’on renonce à croire à l’existence d’un réseau de tunnels appartenant à ce monde sous terrain parce qu’une telle croyance illustre l’un des archétypes les plus anciens et les plus constants de la pensée humaine.

 

La légende du roi Mathias

Statuia Regelui MatiaLe bâtiment dans lequel le roi Mathias (lat. Matthias Corvinus) est venu au monde, le 23 février 1443, comme benjamin et second fils de Ioan de Hunedoara (Jean Hunyade), date du XVe siècle. A l’époque, un marchand dont on ignore le nom, a acheté deux bâtiments appartenant à l’Ancienne Citadelle de Cluj sur l’emplacement desquels il et a fait bâtir un nouveau, plus spacieux, devenu, au cours des deux siècles suivants, l’auberge la plus luxueuse et la plus chère de Cluj. Ce bâtiment se trouve au nord du square, au carrefour des rues Matei Corvin, Sextil Puşcariu, Virgil Fulicea, Victor Deleu et Franklin Delano Roosevelt, près de l’endroit où, sept cents ans avant, il y avait la principale porte d’entrée dans ce qu’on appelait l’« Ancienne Citadelle » de Cluj. En 2006, dans le cadre d’un ample projet de mise en valeur touristique du patrimoine historique de la ville, la municipalité de Cluj a transformé ce square, avec la rue Matei Corvin et une partie de la rue Victor Deleu, en zone piétonne.

Au mois de février 1443, quand Elisabeth Szilágyi, en route vers Buda, a séjourné pour une assez longue période à Cluj, où d’ailleurs elle a mis au monde son enfant, le propriétaire de l’auberge était un certain Iacob Méhffi. Les frais de logement de la femme du voïvode de Transylvanie ont, probablement, été supportés par la municipalité de Cluj. Il faut mentionner que la ville avait perdu la plupart de ses privilèges à cause de la participation de ses habitants à la rébellion de Bobâlna (1437-1438), cinq ans auparavant. Ioan de Hunedoara, l’époux d’Elisabeth, était le voïvode dont les habitants de Cluj attendaient le rétablissement de leurs anciens privilèges. On comprend bien, par conséquent, qu’ils aient voulu tirer profit de la présence d’Elisabeth Szilágyi dans la ville. De plus, son époux était une vraie personnalité du moment : il était devenu, en mars 1442, le libérateur de la Transylvanie, après avoir remporté la bataille de Sibiu contre Mezid beg, ainsi que de la Valachie, après une remarquable bataille dont il est sorti vainqueur, en septembre de la même année, contre les turcs commandés par Shehabeddin, le beylerbeyi de Roumélie. Mathias avait probablement été conçu entre les deux batailles, dans la période où le voïvode mobilisait les forces transylvaines pour la première offensive couronnée de succès contre les Ottomans.

La naissance de Mathias à Cluj fut donc un pur hasard, mais un hasard que le grand roi et la population ont su mettre en valeur. En 1467, après avoir vaincu (grâce à l’aide des citoyens de la ville) la rébellion d’une faction de la bourgeoisie transylvaine qui lui était hostile, Mathias Corvin a fait la preuve de son attachement à l’égard de la maison où il était né : ses propriétaires ont été exonérés à jamais du paiement des taxes et des impôts. « La maison Mathias » est ainsi devenue un immeuble de grande valeur, d’autant plus que l’exonération a été reconnue et confirmée par les rois et les princes qui ont succédé à Mathias.

D’autres initiatives de Mathias Corvin ont aussi contribué à la prospérité de la ville. En 1470, il lui a concédé la bourgade de Cojocna, un centre d’exploitation du sel qui a enfloué les caisses de la ville. De même, par l’intermédiaire des décrets promulgués en 1467, en 1478 et en 1485, Mathias a encouragé l’établissement dans la ville et la libération des serfs qui, au préalable, avaient payé leurs dettes envers leurs maîtres. En 1468, préoccupé du bon fonctionnement de l’administration de la cité, Mathias a décidé d’instituer un système de parité dans le cadre du Conseil des Cent, formé par les patriciens (« les gens riches ») et 50 représentants de chaque corporation. Pendant son règne, on a également achevé, réhabilité ou construit quelques-uns des monuments représentatifs de la cité. Aux environs de l’année 1480, on a finalisé la construction de l’église Saint Michel et on a ajouté à l’enceinte fortifiée de la citadelle le Bastion des Tailleurs (Turnul Croitorilor, 1475).

L’église des frères mineurs franciscains (à présent, l’église réformée), située rue Lupilor (aujourd’hui, M. Kogălniceanu) est le monument le plus important construit par Mathias à Cluj. La construction de cette église, connue de nos jours encore comme « L’église de Mathias », a commencé en 1486, grâce à une généreuse donation royale.

Quant au souvenir de la naissance du roi à Cluj, il n’a jamais été oublié pendant les siècles suivants. Au XVIe siècle, il existait déjà un vrai culte à la mémoire du grand roi, culte qui a fait de « la maison Mathias » un endroit fréquenté par un nombre toujours croissant de visiteurs. À cette époque-là on peut observer les premiers signes de l’apparition d’un « tourisme » laïque qui s’est développé naturellement, grâce à une intense circulation en Europe des artisans et des marchands, des médecins et des apothicaires, des étudiants et des érudits errants, des artistes et des cartographes, des prédicateurs de toute religion, des victimes des persécutions religieuses, mais aussi des jeunes nobles désireux de perfectionner leur éducation. L’intérêt de ces voyageurs n’était plus strictement et directement économique. Ils étaient préoccupés par les aspects inédits de la culture des villes qu’ils traversaient, et bien sûr, par les histoires concernant leurs personnalités représentatives. C’est l’époque pendant laquelle, selon la chronique de Gáspár Heltai, le roi Mathias devient pour la tradition citadine de Cluj le symbole même de la justice et de la perfection, le modèle du souverain proche des gens simples, dont il connaît les difficultés et qui essaye d’y remédier.

Cette chronique mentionne l’une des légendes les plus connues dans l’histoire de Cluj, une légende que les grands-parents continuent de raconter à leurs petits-enfants. La légende dit que Mathias, de passage en Transylvanie, aurait installé son nombreux cortège dans la forteresse épiscopale de Gilău et, déguisé en étudiant, serait entré incognito dans sa ville natale pour constater de ses propres yeux l’état d’esprit des habitants et l’attitude des dirigeants envers eux. Sur la place centrale de la cité, Mathias a assisté, fortement révolté, à l’humiliation d’un groupe de paysans : sous la menace des coups de fouet, les serviteurs du juge de la ville les obligeaient de transporter sur leurs bras des troncs de bois jusqu’à sa maison. Pour avoir protesté contre cette injustice, le roi déguisé en étudiant fut fouetté et obligé d’intégrer les rangs de ces pauvres gens et de travailler à leurs côtés jusqu’au coucher du soleil. La légende dit que Mathias aurait eu l’idée d’écrire avec du charbon, sur trois des troncs déposés dans la cour du juge, les mots suivants : « Le roi Mathias a été ici ! Où est la justice ? ». Libéré à la nuit tombante, le roi est retourné dans son camp, à Gilău. Le lendemain, Mathias, revenu dans la ville à la tête de son cortège royal, avait été accueilli en grande pompe par le juge et les patriciens. Questionné sur le respect des lois qui interdisaient l’exploitation abusive des hommes libres, le juge aurait assuré son roi que les lois étaient respectées sans la moindre déviation. Alors le roi a ordonné à ses hommes de chercher dans le tas de troncs de bois jusqu’à ce qu’ils trouvent les trois qui portaient l’inscription incriminante. Après quoi, Mathias aurait puni le juge et fait adopter des mesures visant le respect des droits et des libertés de tous les citoyens de Cluj.

Cette légende constitue l’expression des aspirations à la liberté et à la justice spécifiques à l’époque de la Réforme. Dans cette perspective, le mythe du grand roi né à Cluj est à réinterpréter, étant donné que le roi est surnommé, avec conviction et nostalgie, « Mathias le Juste ».

 

Le martyre de Baba Novac

Pendant que Mihai Viteazul (Michel le Brave) était en exil à Prague et essayait de regagner la bienveillance de l’empereur Rudolf II, Baba Novac, le capitaine serbe de Mihai Viteazul, a été exécuté sur la place centrale de Cluj. Après la défaite et le bannissement du voïvode, en décembre 1600, Baba Novac s’était mis au service du général Basta qui lui avait donné pour mission de surveiller la frontière transylvaine dans la région de Lipova. Lorsque les Transylvains ont recommencé à montrer leur mécontentement contre la domination impériale, Basta a essayé de regagner leur sympathie en leur livrant l’ex capitaine de Mihai.

En février 1601, Baba Novac a été escorté jusqu’à Cluj par des soldats de Basta et, deux jours plus tard, sur la place centrale, il a été exécuté, avec son confesseur serbe. Les sorcières brûlées vives ne sont qu’une pâle image du terrible supplice subi par deux hommes âgés de plus de soixante-dix ans. Baba Novac et le prêtre serbe ont été attachés à deux poutres horizontales, semblables à d’immenses broches à rôtir, que les bourreaux tournaient au-dessus du feu. On les avait torturés au préalable et partiellement écorchés vivants. De temps à autre, les victimes étaient arrosées avec de l’eau, pour que le supplice dure le plus longtemps possible. L’exécution a duré une heure et demie à-peu-près, jusqu’au moment où le général Basta, qui regardait ce « spectacle » par l’une des fenêtres de la résidence princière, a demandé que les victimes ne soient plus arrosées avec de l’eau et qu’on les laisse mourir.

Après l’exécution, les corps des deux hommes ont été transportés à l’extérieur de la citadelle et empalés près du Bastion des Tailleurs. Leur chair a été dévorée par les corbeaux, et, quelques jours après, il n’en restait plus que les os.

En bons administrateurs, les citoyens de Cluj ont consigné en détail, dans le registre de la ville, les frais concernant l’exécution. Sous la date du 6 février, on peut lire : « payé aux gitans pour avoir torturé, brûlé et empalé Baba Novac et le Prêtre… 7 florins et 50 dinars ; payé aux deux bourreaux… 3 florins ; payé à Luca Ácsi pour avoir taillé le pal pour Baba Novac… 2 florins ».

Basta avait livré Baba Novac aux nobles afin de regagner leur bienveillance et de les déterminer à maintenir leur soumission envers l’empereur Rudolf II. Installé à Cluj, dans une maison située à présent Place du Musée – connue ultérieurement comme « la maison Basta » – le général avait participé, sans succès, aux travaux de la Diète de Transylvanie. Sans se laisser impressionnés par sa présence, les nobles transylvains réunis dans la cathédrale Saint Michel ont réélu Sigismund Báthory comme prince de Transylvanie. Parce qu’il n’était pas dans le pays, l’assemblée a accordé la régence à Ştefan Csáky, et ensuite elle a chanté le Te Deum laudamus. Les conseillers se sont déplacés à cheval jusqu’à la maison princière, des fenêtres de laquelle la décision de la Diète a été prononcée à haute voix. Au préalable, dès le 3 février, les portes de la ville avaient été fermées et elles le sont restées pendant quatre jours pour rendre impossible toute ingérence extérieure et, notamment, pour empêcher la transmission d’informations concernant l’évolution des travaux de la Diète. L’épouvantable exécution de Baba Novac ayant eu lieu pendant ces événements-là, elle pouvait servir d’exemple pour les éventuels insurgés. Le général Basta est resté quelques jours encore dans la ville, mais il a eu beau essayer d’arriver à un accord avec les nouveaux souverains de la Transylvanie. Le 7 février 1601, à dix heures du matin, il quitte finalement la ville, étant accompagné des conseillers transylvains jusqu’à la Porte Hongroise (située actuellement rue 21 Décembre 1989, près du Palais de la Préfecture). Quant à Sigismund Báthory, il a quitté en cachette la résidence que l’empereur lui avait assignée en Silésie, et est revenu à Cluj en avril 1601, accompagné de vingt hommes seulement. Il a de nouveau eu part d’un accueil triomphal. Mais pour lui, c’était le dernier.

En août 1601, après la victoire contre Sigismund à Guruslău, Mihai Viteazul et le général Basta sont entrés ensemble dans la ville de Cluj par la Porte du Pont (« Poarta Podului », située rue du Roi Ferdinand, près de la Poste). Les citoyens de Cluj, prudents, avaient contacté Basta au préalable. Celui-ci a accepté d’interdire aux soldats de Mihai – assoiffés de vengeance à cause de l’assassinat de Baba Novac – l’accès dans la ville. En contrepartie, les citoyens ont payé à l’avance la solde pour trois mois pour l’armée de Basta et ont accepté d’héberger une garnison impériale. Mihai Viteazul a arboré un étendard là où Baba Novac avait été empalé, mais il n’a rien pu faire de plus pour venger la mort de son capitaine. Dans ces circonstances, les anciennes divergences ont éclaté de plus belle entre le voïvode et le général. Il semblerait que Mihai se fût exclamé, pendant une entrevue avec Basta : « Qui diable sont-ils, ces rudolf et ces césar dont Basta me parle tout le temps ? » et a continué avec d’autres paroles peu flatteuses. Quelques jours plus tard, le 19 août 1601, sur la plaine de Turda (« Câmpia Turzii ») et sur les ordres de Basta, Mihai Viteazul est tué par le capitaine wallon Jacques de Beaury.

 

La Statue de la Vierge Protectrice

 Statuia Sfintei Maria Protectoarea - 1859Cette statue est le premier monument public de la ville. Elle a été réalisée en 1744, à l’initiative et avec le financement du gouverneur Anton Kornis, comme un signe de gratitude envers la Vierge, qui avait protégé la ville de Cluj pendant la grande épidémie de peste, entre 1738 et 1742. Pour cette raison, la statue a été nommée aussi « la statue de la peste ». Elle a été créée par le sculpteur autrichien Anton Schuchbauer. Son emplacement initial, dans le square situé au coin des rues Universităţii et M. Kogălniceanu s’explique par le fait qu’à cette époque-là, à cet endroit se trouvaient quelques établissements d’enseignement catholiques, l’église catholique et le siège de l’ordre jésuite.

En 1959, le monument a été enlevé du square, suite à une campagne menée par les autorités communistes, qui visait la marginalisation des monuments à caractère religieux. En 1961, la statue a été placée devant l’autel de l’Eglise Saint Pierre.

 

Combats et duelsà l’époque médiévale

Duel judiciar în Evul Mediu

La ville de Cluj a, probablement, été l’une des villes les plus mouvementées et trépidantes de la Transylvanie médiévale. Au moment de sa transformation en ville royale, la ville de Cluj était différente des autres communautés urbaines transylvaines. Alors que la population de la plupart des villes transylvaines, constituée de colons allemands, était en général paisible et homogène, la population de la ville de Cluj était constituée de nobles, de commerçants et d’artisans mais aussi d’un grand nombre d’aventuriers de tout acabit et de toutes les nationalités. Au fil du temps, la présence de toutes ces gens a imprimé à la ville de Cluj un éclat inégalé par les autres villes de la Transylvanie médiévale. Cette présence a toutefois créé les prémisses pour l’apparition d’une série de situations qui ont engendré maintes fois des confrontations armées des plus violentes.

L’un des conflits internes les plus longs et sanglants s’est déroulé dans la période 1327-1338 entre deux familles de patriciens parmi les plus importantes de la ville : d’une part il y avait le lignage de Petru, fils de Felician et de Bartolomeu, fils de Henning, et de l’autre part le lignage du gouverneur Stark. Le premier épisode de cette lutte pour le pouvoir a été clos en 1327 grâce à l’intervention du voïvode Toma Szecsenyi. Mais la flamme du conflit a été rallumée après plus de 10 ans, le jour de la fête roumaine appelée le Dimanche des rameaux de l’année 1338, quand Petru et Bartolomeu, accompagnés de leurs partisans respectifs, se sont rués sur les représentants de la partie adverse et ont dépecé deux hommes du gouverneur Stark sur la place centrale de la ville (actuellement Piaţa Muzeului – La Place du Musée). Les affrontements qui ont continué dans les rues de la ville ont fait beaucoup de victimes. En fin de compte, les patriciens turbulents, accompagnés de leurs partisans, ont été obligés de quitter la ville en cachette. Hélas, leur désir de vengeance a été plus fort que la prudence. Aussi, le 6 novembre 1338, Petru et Bartolomeu sont-ils revenus furtivement dans la ville, où ils ont incendié et saccagé les maisons des partisans du gouverneur Stark et tué les deux fils de celui-ci. En quittant la ville avec un riche butin, les assassins ont réussi à échapper aux poursuites effectuées par les gardes du roi pendant deux ans encore. Dans cette période, ils ont constitué une petite armée d’aventuriers avec laquelle, en 1340, ils ont essayé de conquérir la ville de Cluj et d’anéantir leurs anciens ennemis, ce qui a obligé les habitants de Cluj de demander le secours du vice-voïvode Petru de Transylvanie et de son armée. Cette fois-ci, les luttes ont eu lieu aux portes de la ville et se sont achevées par une victoire totale du gouverneur Stark et des siens, qui ont massacré sans pitié leurs adversaires. La victoire du gouverneur Stark a ainsi mis fin à une période très trouble, ce qui a permis aux habitants de Cluj de reprendre leurs activités habituelles dans un climat plus paisible.

En dépit de tout cela, les épisodes sanglants n’ont pas cessé d’éclater périodiquement dans la ville située sur les bords du Someş. L’un d’eux a eu lieu à la fin de l’année 1359, quand le noble Mykula de Dezmir, avec son serf, ont attaqué et tué en plein centre-ville un noble local appelé Paul. Même si le crime s’était passé en présence de témoins, la culpabilité de Mykula étant incontestable, aux termes des lois de l’époque il a dû seulement dédommager la veuve et le frère de la victime avec 29 pièces d’argent.

Trois années plus tard, le 8 décembre 1362, quelques 30 citoyens de Cluj ont attaqué le monastère bénédictin de Cluj-Mănăştur dans le but de capturer et de tuer un certain Paul, noble de Suceag, depuis des années leur ennemi. L’abri offert par les murs du couvent a été seulement une solution illusoire pour Paul. Il n’a pas pu échapper à la vengeance de ses adversaires qui ont pénétré dans l’abbaye, ont enfoncé la porte du réfectoire et celle de l’appartement de l’abbé et l’ont capturé et, par la suite, décapité, en lui offrant de cette manière une mort digne de son rang. Le rapport du juge nobiliaire Ioan de Chidea concernant cet événement a le grand mérite de nous offrir une description assez détaillée des armes utilisées à cette occasion par les habitants de Cluj. Comme les vrais chevaliers (tamquam milites pylati), ceux-ci étaient équipés de javelots et de lances, de boucliers, de cottes de mailles, de broignes et de gants de fer. L’un des participants à l’attaque du monastère, Martinus perator, était, très probablement, le très connu sculpteur Martin de Cluj qui, avec son frère Gheorghe, a réalisé la célèbre statue de Saint Georges tuant le dragon. L’équipement du cavalier représenté comme Saint Georges était sans doute inspiré par celui que les habitants de Cluj utilisaient dans les conflits armés pendant ces temps-là.

De tels conflits, mais d’une ampleur un peu plus réduite, ont eu lieu dans les communes voisines aussi. Pendant l’année 1359, seulement quelques semaines après le meurtre qu’il avait commis en plein centre de Cluj, Mykula de Dezmir, un personnage agressif et turbulent, accompagné d’un groupe de serfs, a attaqué des gens qui se déplaçaient de Cluj à Apahida, juste à l’entrée sur le domaine de Sânnicoară. Cette fois-ci ses victimes ont été un certain Albert d’Apahida et son fils. Dans le combat, Albert a été tué et son fils blessé gravement. Les assaillants se sont emparés de leurs biens et de leurs chevaux. Comme si cela n’avait pas suffi, Mykula a emporté le corps sans vie d’Albert et a refusé de le restituer à sa famille malgré les interventions répétées de celle-ci auprès de l’abbé Otto de Cluj-Mănăştur.

Une année plus tard, en 1360, un magistrat qui s’appelait Deme, en fait un aventurier que le roi Charles Robert avait installé comme maître de plusieurs domaines aux alentours de Cluj, a attiré la haine des habitants du village de Chinteni à cause des abus et des persécutions auxquels il les soumettait. Pour se débarrasser de ce personnage indésirable, les villageois ont fait appel à deux combattants, Ștefan de Silivaş et Ștefan, fils de Petru. Ils ont provoqué le magistrat Deme à un combat et l’ont tué le 6 décembre, lors de la Saint Nicolas. Les autorités qui ont enquêté ce meurtre ont conclu à la culpabilité des seuls villageois de Chinteni, qui ont été obligés de payer des dédommagements à la famille de la victime.

À la différence de ces disputes brutales et impitoyables qui ne respectaient aucune règle, les duels judiciaires étaient une manière de trancher des affaires civiles ou pénales acceptée par les autorités de l’époque. Ces duels étaient organisés devant le roi ou la reine, devant le juge de la cour royale ou devant la congrégation des nobles. Les opposants s’affrontaient rarement en personne. La plupart du temps ils recourraient aux services de certains combattants qui se faisaient payer pour ce service. L’un de plus fameux duels de Transylvanie a eu lieu à Turda, en 1306, devant le voïvode Ladislau Kan et la congrégation du voïvodat. Il a été causé par une dispute visant le droit de possession sur le village de Pâglişa (département de Cluj), et a opposé Ladislau Borşa et les puissants nobles de Dăbâca, qui se sont affrontés par des représentants. Ladislau Borşa a eu gain de cause, obtenant la confirmation de sa suprématie dans le village en question.

 

Une autre Illumination, avec l’étudiant Avram Iancu (1842)

Lorsque Avram Iancu était étudiant, chaque année, le soir du 18 avril, on célébrait à Cluj, avec beaucoup de faste, une fête appelée « l’Illumination » (qu’on retrouve avec ce nom dans les documents hongrois), en l’honneur de l’anniversaire de l’empereur autrichien Ferdinand Ier qui était aussi le prince de Transylvanie (son nom complet était Ferdinand Charles Joseph François Marcellin, et il était né le 19 avril 1793 à Vienne).

Entre 1841 et 1846, Avram Iancu était étudiant au Collège des Piaristes de Cluj situé rue du Loup (aujourd’hui, rue M. Kogălniceanu), parmi d’autres étudiants Roumains, Hongrois, Szeklers, Allemands, Saxons ou Arméniens. Jusqu’en 1844, Avram Iancu a habité en location dans la maison du professeur Bergai, située sur une rue qui porte aujourd’hui son nom. Puis il a été logé chez les Bokor et en avril 1842, pendant l’épisode de l’Illumination, il prenait le repas dans la pension de madame Rozalia Balinth, la veuve de Ladislau Dorgo.

En dépit du mélange ethnique, les jeunes étudiants du Collège des Piaristes étaient de bons camarades, solidaires dans les aventures spécifiques à leur âge. L’une de ces actions téméraires est mentionnée dans les documents qui font référence à l’Illumination fêtée à Cluj en 1842.

Dès le samedi 16 avril, des étudiants et des ouvriers qualifiés de la ville se trouvaient au bal organisé à la guinguette de Baier. Les jeunes ouvriers des ateliers de la ville (les compagnons) ont commencé à faire des conneries ; selon leurs déclarations ultérieures, ils ont fait des plaisanteries stupides, se bousculant et se donnant des coups de coudes. Le conflit entre les étudiants et les compagnons a éclaté quand l’étudiant Anca a été offensé.

Le soir du 18 avril, on a célébré avec beaucoup de faste l’Illumination. Les étudiants et les compagnons qui ont participé à la fête ont commencé à se battre, les étudiants voulant prendre leur revanche. Parmi les querelleurs on a reconnu les étudiants Roumains Anca Cerghedi ou Cerghizan, (camarade d’Avram Iancu), Câmpean, et aussi les Hongrois Zonda et Lazar. Le lendemain, les étudiants (réunis dans le cimetière) ont décidé de nier leur participation à l’altercation. Or, comme certains parmi eux s’en étaient déjà vanté dans la place publique et d’autres avaient raconté ce qui s’était passé, on a pu vite savoir qui etaient les « acteurs principaux » de la bagarre. Avram Iancu a été soumis lui aussi à un interrogatoire. Il a déclaré : « Au soir du 18 avril j’ai participé à l’Illumination jusqu’à 21 heures. » Ensuite il déclare y avoir vu Iosef Lazar, avec lequel il partageait le logement, ses camarades Anca et Potyo, étudiants en Droit, et Tompos, étudiant en Logique et avoir quitté la fête à 21 heures. Cette déclaration est soutenue par la dame chez qui il prenait les repas, qui confirme qu’Avram Iancu avait dîné à la pension, qu’il était tout de suite après allé à l’Illumination mais qu’il en était revenu une demie heure plus tard. Après son retour, ils ont bavardé jusqu’au moment où « je l’ai envoyé chez lui car j’avais l’intention de me reposer » dit-elle, en ajoutant que Iancu était parti juste avant 22 heures.

On ignore de quoi le futur grand représentant des Roumains de Transylvanie a pu parler ce soir-là. Le document mentionné a le mérite de nous révéler et de raviver un moment concret de la jeunesse du héros de la révolution roumaine de 1848-1849.

 

Les femmes célèbresqui ont marqué l’histoire de Cluj

Anna Báthory

(1594-1636)

Elle a été accusée de sorcellerie et de relations incestueuses avec son frère, le prince Gabriel Báthory.

Mariage à Cluj en 1608 avec Dionisie Bánffy de Losoncz (décédé en 1612). Elle s’est remariée avec Sigismund Josika. Elle a un lien de parenté avec sa fameuse contemporaine, Elisabeta Báthory de Ecsed. Accusée de sorcellerie par Gabriel Bethlen, Anna Bathory est soumise à une enquête qui a duré sept ans pendant lesquels il y a eu trois procès de sorcellerie qui l’ont conduite à l’exil et la confiscation totale de sa fortune (1612).

Claudine Rhedey

(1812-1841)

Elle a été l’une des plus célèbres beautés de Cluj, et a passé une partie de son adolescence au Palais Rhedey, situé au carrefour de la place Unirii et de la rue Napoca. En 1835 elle s’est mariée (un mariage morganatique) avec le duc Alexandre de Wurttemberg.

Son fils, le Prince Francisc de Teck, a épousé la princesse Mary Adelaide de Cambridge. Sa fille, Mary de Teck, est devenue la reine du Royaume-Uni et de l’Irlande après son mariage avec le roi George V (1910-1936). La reine Elisabeth II est l’arrière-arrière-arrière-nièce de Claudine Rhedey.

Lili Poór

(1886 – 1962)

Comédienne, épouse du metteur en scène clujois Jenö Janovits. Filmographie : Din grozăviile lumii (1920) ; Madách (1940) etc.

Raluca Ripan

(1894, Iaşi – 1972, Cluj)

Elle est la première femme de Roumanie à avoir obtenu le titre de docteur en sciences chimiques (à Cluj, en 1922). Professeur à l’Université de Cluj à partir de 1920, Raluca Ripan a réussi, juste après la IIe Guerre Mondiale, à devenir membre de l’Académie Roumaine (1948). Elle est la fondatrice de l’Institut de Chimie de Cluj (1951), qui porte aujourd’hui son nom. Elle a été présidente de l’Université « Victor Babeş » entre 1951-1956, tout en étant la seule femme président à travers l’histoire de l’Université clujoise.

Smaranda Brăescu

(1897, Hânceşti – 1948, Cluj)

Surnommée « La Reine des hauteurs », l’aviateur Smaranda Brăescu est née le 21 mai 1897, dans une famille modeste, à Hânţeşti-Buciumeni. Passionnée par le monde de l’aviation depuis son adolescence, elle a commencé à pratiquer le parachutisme en 1928. Le 1er juillet de la même année, elle a fait un saut à l’altitude de 600 mètres en Allemagne, devenant ainsi la première femme-parachutiste de Roumanie. Le 2 octobre 1931, Smaranda Brăescu a effectué son premier saut à l’altitude de 6000 mètres, obtenant ainsi le record national absolu et étant récompensée avec la médaille « La Vertu Aéronautique ». Invitée aux États-Unis, Smaranda Brăescu a battu le record mondial absolu avec un saut de 7200 mètres, effectué le 19 mai 1932 à la base militaire de Sacramento. Ce record mondial est resté valable jusqu’en 1951 quand il a été battu par un autre pilote roumain, Traian Demetrescu-Popa.

Comme elle était devenue une véritable légende, on lui a proposé des contrats aux Etats-Unis, le Pape Pius XI l’a invitée à Rome, elle a connu le maréchal italien Italo Balbo. En 1936, elle a réalisé une autre première mondiale : elle a traversé la Mer Méditerranée de Rome à Tripoli au bord de son avion Miles Hawk qu’elle avait baptisé, symboliquement « Aurel Vlaicu ». Entre 1940 et 1945, elle a participé à la guerre mondiale sur les deux fronts de combat dans le cadre de la célèbre « Escadrille Blanche ». Après 1945, Smaranda Brăescu s’est engagée dans la résistance anti-communiste. Elle a signé un mémoire de protestation contre la falsification des élections de 1946 qui lui a valu une condamnation par contumace de la part des autorités communistes et l’a obligée de se cacher pour éviter l’arrestation. Arrivée à Cluj sous une fausse identité (Maria Popescu), elle a été hébergée dans la ferme de la Congrégation de la Vierge, dans la commune de Jucu. Elle a suivi en secret des traitements médicaux dans les cliniques universitaires et le professeur Iuliu Haţieganu l’a protégée. Elle est décédée, selon les informations dont on dispose jusqu’à présent, le 2 février 1948, et elle a été enterrée au Cimetière Central de Cluj sous le nom conspiratif de « Maria Popescu ».

Ana Rozsa Vasiliu

(1899, Buziaş – 1987, Cluj-Napoca)

Elle a été mezzo-soprano, et puis soprano à l’Opéra Roumaine de Cluj où elle a fait son début en 1922. Elle a eu des contrats avec la Scala de Milan où elle a fait son début en 1921 et où elle a continué son activité pendant plusieurs saisons, jusqu’en 1932. Elle a été l’une des beautés de Cluj après 1900. Marié avec le médecin Titus Vasiliu, Anna Rozsa a vécu à Cluj jusqu’à la fin de sa longue vie.

Lya Hubic

(1911–2006)

Soprano, soliste à l’Opéra Roumaine de Cluj pendant 1935-1967, Lya Hubic était surnommée « le rossignol de la Transylvanie ». Elle a fait son début avec le rôle Musette dans l’opéra La Bohème de Puccini (1936). Jusqu’à sa retraite de l’activité artistique, en 1967, elle a soutenu plus de 2000 spectacles. Elle a été invitée sur les grandes scènes de Vienne, Prague, Moscou, Bratislava, Brno, Pilsen, Cernăuţi, Chişinău (Kishinev), Petersburg, Kiev, Tbilissi, Riazan, Kharcov, Odessa, Budapest, Sofia, Stara Zagora, Plovdiv, Verne, etc. Elle s’est fait remarquer avec des rôles dans les opéras Paillasse (Leoncavallo), Carmen (Bizet), Le barbier de Séville (Rosini), Don Pasquale et Lucia di Lammermoor (Donizetti), Don Giovanni (Mozart), Kir Ianulea (S. Drăgoi), La Flûte enchantée et L’enlèvement au sérail (Mozart), Traviata et Rigoletto (Verdi), Manon (Massenet), Turandot (Puccini), La veuve joyeuse (Lehár), Le baron tsigane et La Chauve-souris (J. Strauss). Elle a fini sa prodigieuse carrière avec le rôle de Cio-Cio-San dans l’opéra Madame Butterfly de Giacomo Puccini. Elle a renoncé aux grandes scènes du monde entier pour rester à Cluj où elle a contribué avec son talent au prestige de l’Opéra Roumaine. Comme preuve d’appréciation, l’Opéra National Roumain de Cluj-Napoca a institué le Prix Lya Hubic, en l’honneur de la grande artiste, prix qui est décerné aux personnalités marquantes de la scène lyrique de Cluj. Elle a continué à être une présence active dans la vie publique jusqu’à sa mort.

Livia Pordea

(1914- ?)

Née le 1 décembre 1914 à Gherla, Livia Pordea, qui a gagné le titre de Miss Roumanie en 1930, a été l’une des plus belles femmes de la Roumanie de ces années-là. Elle a été la fille de Augustin Pordea, homme politique d’orientation libérale, député, vice-président de la Chambre des députés et propriétaire d’un office notarial situé boulevard Eroilor (actuellement), au no. 35. Livia – appelée aussi Liţi- a épousé le millionnaire juif Max Auschnitt, le « roi du ciment et du fer » en Roumanie à l’époque. La cérémonie civile a été célébrée à Cluj, et la cérémonie religieuse à Timişoara. Le roi Carol II a été le témoin de mariage du couple. La beauté de Livia ne l’a pas laissé indifférent, ce qui a conduit à des tensions dans sa relation avec Elena Lupescu. En 1946, Livia a émigré en France, où elle a divorcé de Max Auschnitt et s’est remariée avec un sportif espagnol. Le frère de Livia, Gustav Pordea, a émigré avec elle et, en 1984, il est devenu député au Parlement Européen sur les listes du Front National (Le Pen).

Eta Boeriu

(1923, Turda – 1984, Cluj-Napoca)

Traductrice passionnée, elle a participe aux réunions organisées par le Cercle Littéraire de Sibiu entre 1944 et 1949. Elle a été professeur au Département d’Italien dans le cadre de l’Université de Cluj. Son début de traductrice se fait avec le Décameron de Boccace. Elle a continué son activité en traduisant des auteurs tels: Cesare Pavese, Baldassare Castiglione, Pétrarque, Elio Vittorini, Dante Alighieri (La divine comédie), Michel-Ange, Giacomo Leopardi, Giovanni Verga, Alberto Moravia. En 1980 elle a publié une anthologie de poésie italienne et en 1984 le volume Trinacria. Les poètes siciliens contemporains. Elle a reçu toute une série de prix parmi lesquels La médaille d’or de Florence et de l’Union Florentine en 1970 et en 1979 le titre de Cavaliere Ufficiale dell’Ordino Almerito Della Repubblica Italiana pour toute son activité. Elle a publié une série de volumes de poésie. Considérée comme la plus importante traductrice de l’italien vers le roumain, Eta Boeriu a été appréciée pour sa modestie, sa sensibilité et sa discrétion.

 

 

 

 

 

Catégorie : FR Legendele Clujului

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